Les montagnes russes de l'espoir!

Publié le 13 Février 2016

Avoir la foi

Avoir la foi

Cela va peut être être un des plus longs articles lus ici, alors, accrochez vos petites méninges!

Je vous avais dit que créer, dans tous les sens du terme, ce n'est pas facile. De passer de l'idée, qui s'accroche à vous, vous englue, ne vous lâche plus, à la concrétisation du projet en live, c'est trois mondes différents.

Car 1- il y a la paperasse, 2- il y a les gens et 3- il y a la réalité.

C'est moche, mais c'est comme ça.

La paperasse, à la rigueur, vous prenez votre mal en patience, et basta! Ou alors, vous faites comme les gens d'ici qui en ont gros sur la patate des autorisations à la tête, des intedictions pour toi mais pas pour mon poto, et qui passent outre la paperasse, c'est un choix, faut assumer!

Les gens, c'est plus dur. Si vous avez à coeur de devoir votre existence à la terre entière, vous ne vous en remettrez jamais et vous ne pourrez jamais aller au-delà du qu'en dira t'on tellement bien ancré dans nos esprits, nos moeurs, etc. Par contre, si un jour, vous vous êtes dit qu'on ne vit qu'une fois et que, non, on ne pourra jamais remettre à plus tard ce qu'on peut faire aujourd'hui car on mourra un jour ou l'autre, allez c'est bon! Vous pouvez vous lancer. Car le plus dur, c'est de passer outre ce que les gens disent et diront de vous. Et quand je dis les gens, souvent, c'est l'entourage proche qui dérange le plus, car c'est eux qu'on ne veut pas décevoir... les parents, les voisins, le/la conjoint(e)...

La réalité, elle, vous claque à la face. Car vous aurez beau être fort, être prêt, être libre, être indépendant, être au-dessus de tout le monde, quand la réalité vous rattrape, avec ses chiffres, ses difficultés, etc, ben, il faut l'accepter. Ne pas se braquer, ne pas se voiler la face et l'accepter.

Je suis en plein dans cette 3° phase.

La paperasse, j'ai commencé. Je me pose encore 2-3 questions de genre technique mais ça va, pour l'instant, je ne me suis mis personne à dos donc ça va.

Les gens, c'est plus dur. J'ai toujours eu à cœur que les gens soient contents de moi, soient bien avec moi, qu'ils pensent du bien de moi. Donc, oui, ce n'est pas facile. Mais je crois tellement à mon projet que je ne comprends pas pourquoi on ne serait pas d'accord avec moi ;) Non, je rigole, je peux comprendre que c'est un peu irréaliste et tout le tintouin, mais j'y crois à mon projet.

La réalité, c'est dur! Pour vous raconter les montagnes russes, je vais commencer du début. Pour créer mon activité, il me faut un terrain. Ce terrain, nous l'avons trouvé. Il est cher, très cher, car raccord eau et électricité, ce qui est rare pour un bien agricole. Mais cela reste cher. Donc moitié participe à l'achat, de beaucoup. Sauf que moitié, ces sous sont en train de vivre au gré de ce que je pourrais appeler des bombes financières, des actions quoi. Des actions qui ont perdu plus de 30 ou 40% de leur valeur en 2 mois, si ce n'est pas plus. Donc moitié ne peut plus participer à l'achat du terrain. Je ne peux pas lui en vouloir, c'est pour mon activité, et puis, ce n'est pas du tout de sa faute. J'aurai pu lui piquer une crise, un fard, un raz de marée, mais non. Parce que c'est ça la réalité, et qu'il faut l'accepter.

J'ai donc fait des milliards de simulations pour voir si en location vente, sur mon entreprise, cela passerait. J'en ai discuté avec mon comptable, enfin mon, je ne le paye pas encore. Un ami, ça ne passe pas. Ou du moins, je prends conscience au fil du temps que je suis en train de me plomber les ailes.

Et ce qui m'angoisse le plus, c'est cette promesse que nous avons faite aux acheteurs. Oui, nous achèterons. Oui, nous pourrons travailler ensemble.

Ce qui m'angoisse, c'est ce temps que j'ai pris aux personnes de la mairie de Montbrun des corbières, au Maire, aux conseillers. Ils m'ont épaulé, soutenu, aidé, accueilli aux voeux en me présentant à la populace.

Bref, la réalité me rattrape et j'en suis désolée.

Alors, il faut dire, pardon, merci, un sourire, je me suis trompée, pardon, merci, désolée, ...

Il faut baisser la tête, accepter et repartir de plus belle.

Je m'en veux terriblement beaucoup. Imaginez-vous, vendeur d'un bien, vous signez le compromis de vente, vous avez des projets avec tout cet argent, projet de vie, projet d'une vie, et paf! La réalité vous rattrape, toujours plus énervante.

Mais il faut repartir.

J'ai donc vu des parcelles à louer à Comigne, où nous vivons, mais sans eau... Les questions à se poser sont comment amener l'eau, est-ce que j'aurai le droit de construire un cabanon pour stocker le matos, l'aliment, etc... est-ce qu'un jour j'aurai le droit d'amener l'electricité et à quel prix, ...

J'ai vu un terrain à vendre à Castelnau, non, 2. Un avec le vrombissement incessant de la centrale électrique à 2 pas, et l'autre, pas trop loin, mais plus isolé, mais avec de l'eau. Mais pas de possibilité d'avoir l'électricité un jour et paumé donc visite à la ferme, même pas en rêve!

J'ai vu une parcelle à louer pour une bouchée de pain, à discuter avec le proprio, avec l'eau et l'électricité mais inondable. Donc coup de poker tous les ans à partir de Octobre, les questions sont où je vais mettre le matos, est-ce que mes escargots seront ramassés avant la première montée des eaux, etc...

Du coup, le même monsieur m'a montré une autre parcelle de 5ha, à vendre, en bord de village, eau à forer, il sait qu'il y en a car sourcier est déjà passé par là, et elle est infaillible et j'ai entièrement confiance en ce qu'il m'a dit car il était sans tabou, le monsieur. Et électricité à 300m car nouveau quartier à côté. Et le cycle recommence. Mon projet, sur 5ha, je le kiffe et le surkiffe. Je m'y vois déjà avec mon élevage, sur 3 ou 4 parcs de 500m², mon beau hangar de 400m² avec mon laboratoire aux normes pour vous faire des produits super bons, des oeufs d'escargots, des savons à la bave d'escargot, des pâtés, des confitures avec mes fruits du verger, des légumes confits, avec mon potager, des oeufs bio avec mes poules pondeuses disséminés partout sur le terrain, du jus de raisin et du vin des 2 ou 3 ha où nous mettrons des vignes, mes brebis, avec leurs petits agneaux, mes 2 lamas, mon petit poney, mon âne, mon couple de cochons vietnamiens ou cochons nains, bref....Il est magnifique mon projet dans ma tête.

Mais la réalité revient vite au galop. 48000€....

Je suis absolument sûre que mon projet est viable et rentable, rien qu'avec les escargots, déjà, ça marche, alors, avec tout le reste, imaginez!! Mais pffffffffffft, cet insoutenable argent de m.... qui nous prive de nos rêves !!

Allez, réalité, je vais te laisser un peu pour vivre dans mes rêves !

Rédigé par Axelle B.

Publié dans #La vie d'éleveuse

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