Peut-être coquille à son pied ...

Publié le 3 Février 2017

Peut-être coquille à son pied ...

Je viens de regarder... honte sur moi ... dernier article paru le 18 Octobre 2016 ... ça fait plus de 3 mois, ça, non? 

je vous jure que tous les jours de toutes les semaines, je me disais, il faut que j'écrive ce qui se passe, il faut que je partage ça, ou ça, ou bien ça... tellement de trucs à raconter : les marchés, la paperasse, les gens, et peut être coquille à son pied comme l'indique le titre...

Je vais commencer par les marchés car c'est ce qui m'a pris le plus de temps en fin d'année, même si, en comparaison des "installés" -j'entends ceux qui ont quelques années d'expérience-, je n'en ai vraiment pas fait beaucoup! D'ailleurs, j'en profite pour remercier mon frérot sans qui cela aurait été compliqué vu la taille de mon bidou en fin d'année, et ma moitié qui a contribué en gardant notre petit bout... et oui, nous avons un "handicap" en plus, pas de famille à proximité proche (pas mal l'expression) pour laisser le petit. 

 

Peut-être coquille à son pied ...

Les marchés, ça a l'air hyper cool comme ça, mais comme tout travail, il y a les avantages et les inconvénients. Et le plus gros inconvénient, c'est l'heure à laquelle vous devez vous pointer!

Et oui, quand vous allez faire votre marché, à 9h ou 10h, vous vous posez pas la question... et beh, moi, je vais vous le dire ... il faut être là entre 6h et 8h, que tout soit déballé pour l'arrivée des premiers badauds (?) même si votre première vente ne se fera que à 11h ! Vous vous dites...ça va, 8h, c'est pas la mer à boire...non, c'est vrai, mais rajoutez à ça l'heure de route, aux 5°C qu'il fait avec l'humidité qui vous monte par la semelle de vos chaussures et les deux journées précédentes à faire des journées de 6h-18h à l'atelier de transformation, debout toute la journée... ok, ça commence à fatiguer les guiboles là... bon, je me plains mais c'est un inconvénient, majeur c'est vrai mais après, vous avez tout le plaisir d'être là!

Et oui, car, maintenant, il faut vendre! Et pas que... Je vous l'avais déjà dit mais ce qu'y est bien sur les marchés, c'est que vous papotez avec les organisateurs, les voisins, ceux qui ont 30 ans d'expérience, ceux qui en ont 10, 5, 2... et du coup, vous avez les points de vue de tout le monde et c'est pas mal !! Et ils aiment bien les nouveaux! Il ne faut pas croire qu'ils vous regardent d'un oeil noir en se disant "encore un qui nous pique nos clients"...non, car on a tous un petit plus à vendre que le voisin n'a pas. Et puis, tu te rancardes sur les bons plans où il y a du monde, de la vente, de l'ambiance, c'est vraiment le top !

Et après toute ce papotage, il n'est que 8h, bien sûr, donc on cherche un petit café, un petit croissant ou une petite chocolatine, et on attend. Ca passe assez vite somme toute. Et puis voilà les premiers habitués... tu souris ... pas trop ... tu dis pas bonjour de suite sinon les gens se sentent agressés... le voisin harangue (hou, un mot compliqué) son "goûtez mon pain d'épices, allez-y, c'est gratuit!", moi, je regarde, je souris, j'observe, où va le premier regard du client, j'écoute... c'est marrant d'écouter car tu entends des vertes et des pas mûres devant ton stand... "bah, de l'escargot des vignes, il doit être plein de pesticides", "oh, de l'escargot de bourgogne", "encore un qui vend du petit gris", et tous ces gens, ils ne s'arrêtent même pas pour vérifier si ce qu'ils disent est vrai... alors, on attend, patients... généralement, il y a des gens curieux qui viennent poser des questions, heureusement!, des rigolos "eh, j'ai appris un mot aujourd'hui...héliciucu...hélicultrice ... hélicicultrice" "je suis contente pour vous" je réponds en souriant et "achetez mes produits" je pense tout bas. 

Mais heureusement, vient 11h30, le four chauffe et la première assiette de croquilles chauffe. Je me fais une petite place au milieu de la foule, et je propose..."hum, c'est trop bon" "tout se mange?" "mais c'est génial""et ça,c'est quoi?""roquefort, huuuuummmm""conté, hummmmm""le roquefort est trop fort" ... hou, la bonne blague me dis-je tout bas... "au beurre persillé, mon préféré"... et là, t'es content! et là, t'es fière, tu sais pourquoi tu es présentement là où tu es. 

Aujourd'hui, je ne fais déguster que ça car mes stocks sont réduits et que ça se vend quand même. Je sais que je vendrais plus si je faisais goûter les autres produits mais ce n'est pas mon but immédiat. 

Et de 11h30 à 13h, tu appâtes, tu discutes, tu racontes, tu épates... bon, éventuellement, tu vends, mais tu te fais surtout connaître! Et ça, c'est le plus important ! Les gens aiment, adorent, adhèrent, il faut se faire connaître. 

Ici, ils ne connaissent pas ce mode de consommation et je suis là pour leur apprendre, la fenêtre est grande ouverte et ils aiment. 

Puis après, vient 14h...15h...16h... des promeneurs surtout ou des gens qui reviennent prendre le surgelé ou des voisins qui viennent prendre une assiette avant de partir. 

Moi, j'ai adoré. Tu papotes beaucoup, tu partages, ça te revivifie pour les jours à venir!

Peut-être coquille à son pied ...

Et donc en me faisant connaître, j'ai fait quelques marchés supplémentaires et j'ai pris quelques cartes, que je n'ai pas pu honorer malheureusement. Et oui, il existe beaucoup de boutiques du terroir près de chez moi et dans l'Aude de manière générale, sauf que, et j'en reviens toujours au même, mes stocks étant limites pour les marchés, je ne pouvais pas mettre de produits dans les boutiques. Même là, en début d'année où je fais un break, je préfère les garder pour mes premiers marchés d'Avril que les mettre en boutique. C'est un choix, il n'est peut être pas bon. J'en ferai d'autres !

 

Peut-être coquille à son pied ...

Je vous fais de la lecture pour la journée là... ceux qui vont mettre j'aime en 2s, c'est qu'ils n'auront pas tout lu ;)

En fait, j'ai mis longtemps à écrire cet article car j'ai hésité à vous parler de mon projet qui prend forme. Je suis hyper contente mais en même temps, je flippe un peu. 

Aujourd'hui, le projet avance à vitesse grand V et c'est là que c'est flippant. 

On nous apprend, on nous forme en héliciculture à faire petit à petit, à ne pas investir, à ne pas trop risquer gros. Pourquoi? Parce que comme partout, on peut se planter. Sauf qu'à force du bric et du broc, forcément, tout s'en ressent... les parcs ne tiennent pas, la prédation est là, les escargots poussent mal. On se fatigue à aller transformer à 1h de chez soi, certains ont beaucoup plus... on sèche comme on peut donc on augmente les risques de perte ... bref, c'est un côté que je trouve dommage. Après, c'est très bien de faire petit à petit pendant 1an, voire 2 ou 3, mais à moment, il faut se donner les moyens de réussir et voir grand pour réussir grand!

Je suis un peu dans cette optique. J'ai déjà dans ma tête le projet global, dans son entière unité et cela me fait mal au coeur d'avoir un bout de terrain là, sans eau, sans électricité, à la merci de tous... d'avoir une salle de séchage là...d'avoir du matos chez moi, qui nous prend tout le cagibi, toute une chambre, et la moitié de la mezzanine... de devoir remplir ma voiture à chaque fois que je vais transformer, faire 1h de route, trouver une salle que je devrai renettoyer car je ne la trouve pas propre pour travailler, vider la voiture, travailler en me rendant compte que j'ai oublié ceci ou cela... crotte ... re-remplir la voiture, refaire 1h de route, re-vider la voiture ... bref, j'ai l'impression d'être des petits bouts d'héliciculteur, de ne pas être dans mon entière globalité dans mon boulot. 

Et du coup, ben, je vois grand. 

J'ai aujourd'hui, sur la commune de Comigne, un terrain qui m'est proposé, en limite de carte communale donc viabilisable assez facilement. Et avec l'aide de M. le Maire qui soutient mon projet d'installation, j'ai déjà rencontré pas mal de collaborateurs pour l'eau, l'électricité, l'agglo de Carcassonne, etc. qui sont tous à fond dans mon projet. J'ai la chance d'avoir un soutien de taille au sein du village. Et je ne remercierai jamais assez tous les habitants pour l'accueil et l'engouement pour mon projet. Mais j'ai toujours une petite appréhension de me dire qu'il y a des personnes que cela va vexer car je ne suis pas du village et je peux monter mon projet, alors que d'autres jeunes du village ne pourront pas s'y installer car le prix des terrains est devenu cher. ça me turlupine, mais je ne peux pas renoncer à cause de ça donc haut les coeurs et allons de l'avant !

Comme je suis en cours de demande de DJA (Dotation Jeunes Agriculteurs), pas seulement pour la DJA en elle-même, mais pour la reconnaissance de toutes les entités qui gravitent autour de cette DJA... impôts, MSA, banques, et j'en passe ! il me faut des coûts, des devis, tout ce qui peut chiffrer mon projet ! 

Donc aujourd'hui, le permis de construire de mon bâtiment est déposé ! J'ai quand même fait appel à un architecte pour qu'il m'aide à faire en plan ce que j'avais dans la tête ... je veux un beau bâtiment, respectueux, autant que faire se peut, qui ne gâche pas le paysage. Je veux que les gens qui viennent voir comment se passe l'élevage comprenne que l'agriculture aujourd'hui est un tout. On élève des bêtes, on les transforme, on les vend et on fait visiter. Pour que les gens comprennent que l'agriculteur n'est pas que quelqu'un dont on ne comprend rien à ce qu'il fait, il faut se rapprocher, parler, échanger, faire aimer notre métier. 

D'où mon projet. Je veux accueillir, partager, faire se poser des questions... mais aussi faire aimer mes produits. Le bâtiment pensé est dessiné aussi pour ça, l'accueil, le partage. Il est grand, il est beau. Il ne me reste plus qu'à trouver les artisans qui m'accompagneront et m'aideront à le construire au mieux. 

 

Peut-être coquille à son pied ...

Et ce qui fait flipper ... c'est que je n'ai plus le droit de me tromper !

Si le permis est accordé, les subventions et les prêts accordés, je n'ai plus le droit de me tromper!

Je serai un tout, mon bâtiment et moi, tout sera là pour bien travailler, accueillir les gens, discuter, leur proposer les produits de mon élevage mais aussi des producteurs alentours, faire venir ces producteurs pour qu'eux aussi ils discutent et papotent, faire découvrir les environs, l'alaric, à dos d'âne ou de cheval, faire des randonnées...bref, j'ai tellement plein d'idées dans ma tête que ça fait rêver! 

Je veux que ça profite au village, aux producteurs alentours, aux artistes alentours...

Voilà, vous savez tout... le projet avance... et ce n'est qu'un début !

PS : si vous connaissez des gens (entreprises) qui pourraient être intéressés pour m'accompagner dans la construction, et ce qui tourne autour, la pose des panneaux photovoltaïques, l'assainissement via filtres naturels et mares, des entreprises responsables, n'hésitez pas à partager, j'ai besoin de conseils de pro !

Rédigé par Axelle B.

Publié dans #L'élevage d'escargots

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